Incendie des Landes de juillet 2026 : faire évaluer vos dommages avant l'indemnisation

Mise à jour 27/07/2026

Le portail tient encore debout. Le compteur d’eau aussi. Derrière, il n’y a plus grand-chose : une dalle noire, des murs qui ont tenu mais qui ne tiendront peut-être plus, une odeur qui s’accroche à tout. Après les incendies de juillet 2026, des centaines d’habitants de Biscarrosse remontent leur rue et découvrent ce qu’il reste de 20 ans de vie.

Et vite, une deuxième épreuve commence. Celle du dossier d’assurance. Celle des mails, des formulaires, des appels avec un assureur débordé, et de cette question qui revient sans arrêt : combien vais-je réellement toucher ?

Cet article n’est pas là pour vous consoler. Il est là pour vous éviter de perdre, dans les prochaines semaines, des dizaines de milliers d’euros d’indemnisation par simple méconnaissance des règles.

Vous ne savez pas par où commencer ?

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Expertise d'assuré suite incendie dans les Landes en Juillet 2026

Ce que l’incendie a laissé derrière lui

Le feu s’est déclaré le jeudi 23 juillet 2026, vers 15h45, sur la RD652, à la suite de l’embrasement d’un fourgon entre Biscarrosse et Sanguinet. Poussé par le vent dans une pinède desséchée, il a atteint les premières habitations en quelques heures.

Le bilan matériel, encore provisoire, est lourd :

  • environ 3 600 hectares parcourus par les flammes ;

  • 105 habitations et bâtiments touchés ou détruits selon le premier décompte préfectoral du vendredi 24 juillet, une estimation portée depuis à 110 à 120 bâtiments dans les bilans de suivi ;

  • plus de 30 000 personnes évacuées à Biscarrosse, Parentis-en-Born et dans le sud de Sanguinet ;

  • des retours à domicile organisés par vagues, quartier par quartier, à mesure que les secteurs sont sécurisés.

Les destructions se concentrent sur Biscarrosse, où des rues entières ont brûlé pendant que d’autres, à quelques dizaines de mètres, ont été sauvées in extremis. C’est aussi ce qui rend les dossiers si difficiles à traiter : entre la maison réduite en cendres et la maison « seulement » enfumée, il y a tout un dégradé de situations que les contrats d’assurance traitent très différemment.

Première chose à savoir : un incendie n’est pas une catastrophe naturelle

C’est la confusion la plus fréquente, et elle fait perdre un temps précieux.

Beaucoup de sinistrés attendent la publication d’un arrêté de catastrophe naturelle au Journal officiel avant de bouger. Dans les Landes, on a l’habitude : sécheresse, retrait-gonflement des argiles, inondations… le réflexe est ancré.

Sauf que l’incendie de forêt ne relève pas du régime des catastrophes naturelles. Aucun arrêté ne viendra. Il n’y a rien à attendre.

Et c’est plutôt une bonne nouvelle. L’incendie fait partie des garanties de base de tout contrat multirisques habitation (MRH). Autrement dit :

  • vous êtes couvert dès aujourd’hui, sans condition administrative préalable ;

  • la garantie couvre les dommages au bâtiment, mais aussi les dégâts liés aux fumées et aux suies, et les dommages causés par l’intervention des secours (portes enfoncées, toiture ouverte, murs percés, eau d’extinction) ;

  • de nombreux contrats prennent en charge les frais de relogement, de gardiennage, de déblaiement et de nettoyage.

Face à l’ampleur du sinistre, des mesures exceptionnelles ont par ailleurs été annoncées le 27 juillet par le ministre de l’Économie pour les victimes des incendies de Gironde, des Landes et du Var : le délai de déclaration, habituellement de 5 jours ouvrés, est repoussé au minimum jusqu’au 31 août 2026, et les assureurs prennent en charge les frais de relogement des personnes évacuées.

Vous avez donc un peu d’air. Utilisez-le intelligemment.

Le vrai champ de bataille : l’état de pertes

Votre indemnisation ne dépendra pas de l’émotion que suscite votre situation. Elle dépendra d’un document : l’état de pertes.

C’est l’inventaire chiffré de tout ce que vous avez perdu. Et c’est à vous, l’assuré, qu’il revient de le produire et de le justifier. L’expert mandaté par votre compagnie ne le construira pas à votre place : il le vérifiera, ligne par ligne, avec pour mission de fixer un montant que son donneur d’ordre acceptera de payer.

Le mobilier, cette liste que personne n’a envie de faire

Il faut lister le contenu de la maison. Pièce par pièce. Tiroir par tiroir.

Et c’est vertigineux, parce que personne ne se souvient spontanément de tout ce qu’il possède. Le canapé et le téléviseur, oui. Mais l’outillage du garage, le vélo électrique, les skis, le contenu du congélateur, les vêtements de quatre personnes, la perceuse, l’échelle, les jouets, la vaisselle, les livres, les luminaires, le matériel de jardin, le barbecue, la trottinette, le matériel informatique, les instruments de musique ?

Un état de pertes mobilier fait à la va-vite, c’est en moyenne 30 à 50 % de valeur oubliée. Et une fois l’accord signé, on ne revient pas dessus.

Ce qui aide, concrètement :

  • les photos anciennes de votre intérieur, y compris les photos de famille où l’on aperçoit les pièces en arrière-plan ;

  • l’historique d’achat de vos comptes en ligne (Amazon, Leroy Merlin, Darty, Boulanger…), qui reconstitue des années de factures en quelques clics ;

  • les relevés bancaires, les mails de confirmation de commande, les garanties ;

  • une méthode par pièce et par catégorie, pour ne pas raisonner de mémoire.

L’immobilier, reconstruire et non rafistoler

Pour le bâti, l’enjeu est différent mais tout aussi décisif : le montant retenu doit permettre de reconstruire réellement, aux prix de 2026, avec les normes de 2026.

Un chiffrage établi à partir de barèmes forfaitaires ignore souvent :

  • le surcoût réglementaire (réglementation environnementale, isolation, électricité aux normes, accessibilité) ;

  • le coût du déblaiement et de l’évacuation des gravats, très élevé après incendie en raison du tri des déchets ;

  • les études techniques préalables (structure, sol, maîtrise d’œuvre) ;

  • la tension actuelle sur les entreprises du bâtiment landaises, qui vont être sollicitées par une centaine de chantiers simultanés, avec l’effet mécanique que l’on imagine sur les devis ;

  • les aménagements extérieurs : clôtures, portail, terrasse, piscine et local technique, abri de jardin, arbres, réseaux enterrés.

Les dégâts que l’on ne voit pas

C’est ici que l’écart se creuse entre un dossier bien mené et un dossier subi.

Une maison qui n’a pas brûlé peut être gravement atteinte. Nos interventions après sinistre incendie révèlent régulièrement :

  • Une structure fragilisée par la chaleur. Le béton armé exposé à haute température perd de sa résistance ; l’acier des armatures se dilate et fait éclater le béton en surface ; les linteaux, chaînages et planchers peuvent être compromis sans qu’aucune fissure ne soit visible au premier regard.

  • Des suies incrustées. La suie n’est pas de la poussière. Elle est acide et corrosive. Elle attaque les métaux, s’infiltre dans les enduits, les isolants, les gaines électriques et les circuits de ventilation. Un simple nettoyage de surface ne règle rien, et l’odeur revient au premier été chaud.

  • Des réseaux à reprendre entièrement. Les gaines PVC déformées, les câbles dont l’isolant a fondu, les canalisations exposées : autant de risques différés.

  • Des menuiseries et volets déformés par le rayonnement thermique, même sans contact avec les flammes.

  • Une charpente ou une couverture affaiblies, avec des tuiles éclatées par le choc thermique et des bois de charpente carbonisés en surface sur quelques millimètres, ce qui réduit d’autant leur section porteuse.

Ces désordres-là, si personne ne les documente avant l’accord d’indemnisation, ils resteront à votre charge. Et ils se rappelleront à vous dans deux, cinq ou dix ans.

Vétusté, valeur à neuf, sous-assurance : les 3 mots qui décident du montant

3 notions expliquent la quasi-totalité des écarts entre ce que les sinistrés espèrent et ce qu’ils reçoivent.

La vétusté. L’assureur part de la valeur de remplacement à neuf de votre bien, puis applique un coefficient de dépréciation lié à l’âge et à l’usure. Un taux mal appliqué sur l’ensemble d’un mobilier, c’est plusieurs milliers d’euros de différence. Ce taux se discute.

La garantie « valeur à neuf ». Beaucoup de contrats prévoient un complément d’indemnité qui annule tout ou partie de la vétusté, à condition de reconstruire ou de racheter dans un délai contractuel, souvent deux ans. Encore faut-il savoir que cette clause existe dans votre contrat, et déclencher les démarches à temps.

La sous-assurance. Si le capital mobilier déclaré à votre contrat est inférieur à la valeur réelle de vos biens, l’indemnité est réduite proportionnellement. C’est le piège silencieux des contrats souscrits il y a 15 ans et jamais actualisés.

À cela s’ajoutent la franchise, les plafonds par catégorie (objets de valeur, matériel informatique, mobilier de jardin) et les exclusions. Personne ne lit ces pages-là avant un sinistre. Elles décident pourtant du chiffre final.

Faites relire votre contrat et votre proposition d’indemnité avant de signer quoi que ce soit.

Idélement demandez une relecture à votre expert d’assuré et aussi à un avocat en droit de la construction et des assurances.

Le calendrier à ne pas rater

  1. Déclarez votre sinistre, même de façon incomplète, par écrit et avec accusé de réception. Le délai est exceptionnellement porté au 31 août 2026, mais déclarer tôt accélère le versement des premières provisions.

  2. Ne jetez rien, ne nettoyez pas, ne démolissez pas avant le passage de l’expert. Ce qui a disparu ne s’indemnise pas.

  3. Photographiez et filmez tout, en gros plan et en plan large, avec les dates. Faites-le avant l’intervention de toute entreprise.

  4. Demandez une provision pour faire face aux dépenses immédiates : elle est de droit et ne vaut pas accord sur le montant final.

  5. Constituez votre état de pertes avec méthode, sans vous précipiter.

  6. Ne signez aucun accord définitif tant que vous n’avez pas fait vérifier le chiffrage. Un procès-verbal d’accord vous engage, et il est très difficile de revenir dessus.

  7. Signalez-vous en mairie si vous êtes sinistré, pour bénéficier des dispositifs d’accompagnement locaux.

Ce que nous faisons pour vous

Nous vous accomagnons au travers d’une expertise bâtiment indépendante. Nous avons des experts expérimenté en après sinistre incendie, intervenant dans tout le département des Landes, notamment sur le secteur de Biscarrosse, Parentis-en-Born, Sanguinet et Mimizan. Nous ne dépendons d’aucune compagnie d’assurance, d’aucun assureur, d’aucune entreprise de travaux.

Notre rôle après un sinistre incendie :

  • Constater et documenter techniquement l’ensemble des dommages, y compris les atteintes non visibles à la structure, aux réseaux et à l’enveloppe du bâtiment ;

  • Bâtir avec vous l’état de pertes mobilier et immobilier, exhaustif et justifié, pièce par pièce ;

  • Chiffrer le coût réel de remise en état ou de reconstruction, aux conditions actuelles du marché landais ;

  • Vous assister lors du rendez-vous d’expertise avec l’expert mandaté par votre assureur, pour que la discussion se fasse d’égal à égal, sur des bases techniques ;

  • Mener une contre-expertise si l’offre d’indemnisation proposée est insuffisante ou si des postes ont été écartés à tort ;

  • Vous orienter, le cas échéant, vers un avocat spécialisé en droit des assurances si le désaccord persiste.

Bon à savoir : de nombreux contrats multirisques habitation comportent une garantie « honoraires d’expert d’assuré » qui prend en charge tout ou partie du coût de notre intervention. Nous vérifions ce point avec vous dès le premier échange.

Parlons de votre situation

Vous êtes sinistré à Biscarrosse, Parentis-en-Born ou Sanguinet ? Votre maison a brûlé, ou elle est enfumée, fissurée, inhabitable ? Vous avez reçu une première proposition d’indemnisation et elle vous semble éloignée de la réalité ?

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Questions fréquentes

Mon assurance couvre-t-elle vraiment l’incendie de votre maison sans arrêté de catastrophe naturelle ?

Oui. L’incendie ne relève pas du régime des catastrophes naturelles : il est couvert par la garantie de base de tout contrat multirisques habitation, sans condition d’arrêté. Cette garantie s’étend aux dommages causés par les fumées, les suies et l’intervention des secours. Vous pouvez déclarer votre sinistre immédiatement.

Puis-je faire appel à mon propre expert alors que l’assurance en a déjà envoyé un ?

Absolument, et c’est un droit. L’expert mandaté par la compagnie travaille pour elle. Faire intervenir un expert bâtiment indépendant à vos côtés rééquilibre la discussion et permet de faire valoir des postes de préjudice souvent minorés ou oubliés. Vérifiez également si votre contrat comporte une garantie honoraires d’expert d’assuré.

J’ai déjà commencé à déblayer et à jeter des affaires. Est-ce trop tard ?

Non, mais il faut agir vite. Reconstituez ce que vous pouvez à partir de photos antérieures, de vos historiques d’achat en ligne, de vos relevés bancaires et des témoignages de proches. Un expert habitué aux dossiers incendie sait reconstruire un état de pertes crédible et défendable, même partiellement documenté.

Combien de temps faut-il pour être indemnisé après un incendie ?

Une provision peut être versée en quelques semaines. Le règlement définitif prend généralement plusieurs mois, davantage lorsqu’une reconstruction est nécessaire. Ce délai n’est pas une raison pour accepter rapidement une offre insuffisante : une fois le procès-verbal d’accord signé, la réouverture du dossier est très difficile.

Ma maison n’a pas brûlé, mais elle est enfumée. Est-ce indemnisable ?

Oui. Les dommages par fumées et suies sont couverts, et ils sont fréquemment sous-évalués. La suie est corrosive et pénètre les enduits, les isolants et les réseaux. Un nettoyage de surface ne suffit généralement pas : c’est un point qui mérite un constat technique précis avant tout accord.

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